De nous, Lexhor d’Amahir, quinzième Duc d’Orléans,
Au peuple d’Orléans,
A fa noblesse,
A fes élus,
A tous ceulx qui cette présente lettre verront ou oiront,
Salut et amitiés aristotéliciennes.
Voilà à présent fix lunes, jour pour jour, que nous avions rendu hommage à nostre bon roy. Peu après nous avions esté couronné duc de nostre belle province d’Orléans.
Fix mois passés à tenter de faire avancer les choses et de veiller la prospérité du duché. Cette expérience fut riche et pleine d’enseignements. Ce fut pour nous un véritable honnour que d’estre choisi pour régner sur l’orléanais, d’avoir pour mission de prendre foin de fon fier et grand peuple.
Nous avions fait de notre mieux, nous y avions mit tout nostre cœur, au fervice de tous ceulx à qui nous devions tout, à ceulx qui avoient faict de nous ce que nous fommes. Courtes estoient nos nuités et ardue nostre tasche. Mais nous estions bien au fait de touttes lesdictes responsabilités inhérentes à cette lourde charge lorsque monseigneur l’evesque avoit déposé la couronne fur nostre chef.
A vous, peuple d’Orléans, nous faisons part de nos plus humbles gratitudes. Faisons également assavoir que nous nous repentons vivement, devant le Très-Haut et devant ledict peuple d’Orléans, pour touttes les faultes que nous eussions pu commettre lors de nostre règne.
A tous ceulx qui nous avions accusé de complot, de nous évertuer à garder le pouvoir, placer et protéger nos proches nous répondons de ne plus fe complaire dans la facilité et la médisance car fi ne pas aller dans leur sens, ne pas partager leurs pensée fignifie fe rendre coupable d’un quelconque crime alors nous plaidons coupable. Coupable d’avoir agi en nostre asme et conscience pour les intérests du peuple et pour la pérénité de nostre province uniquement.
Ce jour annonce celui de nostre retraite et nous aspirons maintenant au repos et à la quiétude. Le feizième régant d’Orléans fera fes choix et lui feul décidera. Nous n’aspirons dès lors plus à aucun pouvoir. Auffi, quel bénéfice tirerions nous maintenant ? Aucun. Les théories les plus folles tombent alors à l’eau et font plus que jamais ridicules.
A nostre bon peuple d’Orléans, nous avons le devoir de dire : prends garde ! Prends garde car la gangrène f’est insinuée en ton fein et f’y développe. Il n’y rien de pis pour un vieux chesne folide que d’estre pourrit à la racine…c’est ce qui causera fa chute.
Ne fais point confiance aveugle en icelui qui te broffera dans le fens du poil. Crois plutôt icelui qui te parlera franchement, même si cela ne te fieds point, car la franchise a bien plus de valeur que la fauffe amitié. Des gens malintentionnés effaierons de te manipuler, te faisant croire qu’ils font des amis. Mais ils ne feront plus là quand tu auras besoin d’eulx.
Fois attentif, peuple d’Orléans et bénis fois tu !
Dans nostre toujours grande envie de faire de nostre mieux pour nostre peuple, nous pensons qu’il est venu le temps du renouveau, pour le bien du peuple et du duché et c’est pourquoi ce jour nous quittons le trône ducal. Fi nous estions la beste affoifée de pouvoir dont parlent certains, nous ferions restés folidement accroché au trosne, affis fur nostre féant. C’est furement la décision la plus douloureuse que nous avions eu à prendre, tant nous avons aimé servir notre peuple.
Ce jour du vingt-fept du mois de mars mille quatre cent cinquante huit nous lançons la procédure de désignation du prochain régnant d’Orléans. Nous laiffons deulx jours à la Chambre de la Nobleffe pour présenter des noms qu’elle juge compétents pour cette charge puis deulx jours fupplémentaires pour voter les deux noms qui feront présentés à la Grande Chambre. Cette dernière aura également deulx jours pour voter.
A l’aube du feptième jour le feizième régnant d’Orléans fera connu de tous. Un nouveau protecteur du peuple fera désigné.
Bien fur, nous resterons présent pour le peuple que nous aimons et respectons au plus haut point. Mais nous nous tiendrons à l’écart autant que faire fe peux de toute forme de pouvoir.
Que le Très-Haut vous ait en fa Sainte Garde et qu’Aristote guide vos pas.
Ce fut faict et scellé en double queue sur cire jaune, à Paris, l’an de l’Incarnation de notre seigneur mil quatre cens cinquante et huit, le lundi 1er de mars aux vespres de nos espousailles et prendra effet le jour de fa diffusion officielle.
Lexhor d’Amahir,
Duc d’Orléans
